RÉVOLUTION

RÉVOLUTION

 

RÉVOLUTION

Voilà 19 ans que j’travaille,
Que je me lève tous les matins,
Même quand j’nai pas trop le moral,
Faut bien aller gagner son pain.

Mes amours lorsque vous êtes nés,
J’crevais d’envie d’tout arrêter,
D’vous dorloter, d’vous câliner,
Tout ça était bien compliqué.

La mort dans l’âme et tête baissée,
J’ai continué, je m’suis battue,
Bien obligée de m’résigner,
Une bonne Fée m’a remplacée.

Puis mon p’tit monde s’est écroulé,
Papou a craqué, y’avait d’quoi
Tout perdu, on était ruinés,
« Temps » d’travail pas récompensé.

J’en voulais à la terre entière,
Ou plutôt pas exactement,
A cette catin d’société fière,
Qui n’encourage que les fainéants.

J’ai honte aujourd’hui d’vous montrer,
Mes p’tits Amours, mes doux Bébés,
Ce foutu monde qui tourne pas rond,
Dirigé par une bande de cons.

J’nai pas de grands projets pour vous,
Ou plutôt si, réveillez-vous !
Avant qu’les bambins soient aigris,
Faudrait tous monter à Paris.

Leur mettre le nez dans leur connerie,
Le monde peut être un Paradis,
Sortez un peu d’vos ministères,
Vous feriez mieux de prendre l’air.

Vous voyez mieux, et c’est normal,
Vous qui prenez souvent l’avion,
Ces pauvres humains qui crèvent de soif,
Qui crèvent de faim à l’horizon.

Mais moi aussi je suis honteuse,
Et ça m’empêche d’être heureuse,
Quand je regarde au bout d’mon nez,
J’vois qu’des humains qui vont crever.

On en a tous pris notre parti,
Y’en a qui croit aux paradis,
On ne peut pas leur en vouloir,
Quand s’envole le dernier espoir.

Moi j’aimerais dire à tout le monde,
A vous humains de par le Monde,
Le Paradis il est chez vous,
Suffit d’faire l’bien, un point c’est tout.

J’ai un amour depuis 20 ans,
Un peu distrait, mais très aimant,
Qui depuis toujours a compris,
Comment se battre dans la vie.

Il a écrit et dessiné,
Son dernier né c’est sa B.D.,
Plein de livres dans des cartons,
Dorment au grenier à la maison.

Un, sept, huit, neuf, ça s’est passé,
Dans un bain d’sang, de cruauté,
Mais l’être humain quand on l’fait chier,
Est sanguinaire ou résigné.

Beaucoup de têtes sont tombées,
C’était pas beau à regarder,
Des têtes tombées, guillotinées,
La peine de mort a reculé.

Mais réalise ! T’étais présent,
Tes mains aussi sont tachées d’sang,
Pépé, Mémé n’en pouvaient plus,
D’serrer les dents, d’crever doucement.

14 juillet, pas si joli,
La moindre des choses, leur dire Merci,
Voyez c’que nous en avons fait,
D’vos grandes idées, d’votre Monde parfait.

P’tits enfants gâtés que nous sommes,
Au fier pays des droits de l’homme,
Deux ch’mins possibles, on s’est planté,
On baigne dans la facilité.

En 2002, chacun pour soi,
L’amour d’la gloire, etc…
On n’a plus d’couilles dans l’pantalon,
Mais on a l’cœur qui fait dindon.

C’est à pleurer que de nos jours,
Notre ambition soit pas l’Amour,
Mais d’atteindre le firmament,
De la connerie, c’est déprimant.

Je ne sais pas écrire en prose,
Je n’sais plus m’battre qu’avec des roses,
Avec mes poings c’est bien fini,
J’ai failli y perdre la Vie.
Moi j’aurai 38 ans demain,
Et j’suis au bout d’mon être humain,
Je n’souhaite qu’une chose c’est pas grand chose,
Juste qu’on s’partage un bout d’ciel rose

Qu’on se partage un bout d’ciel bleu,
Un bout d’ciel rose d’la Planète Bleue,
Un bout d’ciel bleu d’la Planète Rose,
Sans qu’on en crève d’overdose.

J’ai pour c’papier des ambitions,
M’en servir de boulet d’canon,
Moi j’n’ai pas le bras assez long,
Pour franchir l’seuil de Matignon.

Toutes vos idées sont les bienvenues,
Petits Pantins du bout d’la rue,
Sortez vos cœurs de coton,
On va faire la REVOLUTION.

Sauf que les armes ne sont plus,
Pavés, couteaux, cordes ou mains nues,
Nos armes aujourd’hui sont les fleurs,
Les beaux poèmes et les douceurs.

Il vous suffit de vous lever,
De retrouver votre dignité,
De vous lever, pas pour Danette,
Avec des idées plein la tête.

Pour défendre votre Liberté,
L’Amour, la Paix et l’Amitié,
Pour espérer pour nos enfants,
D’atteindre enfin le Firmament.

J’aurai d’la peine qu’on m’étiquette,
Qu’on m’range entre torchons et serviettes,
Voilà 20 ans qu’pour m’exprimer,
J’ai bulletin blanc quand j’vais voter.

A trop pleurer, courber l’échine,
La liberté on l’assassine,
La Gauche, la Droite ou le Milieu,
C’est pas l’parti des gens heureux.

Hommes politiques, personnes sensées,
Chantez quand reviendra l’été,
En attendant, r’troussez vos manches,
Nos aujourd’huis sont pas Dimanches.

Notre ambition, vivre sans soucis,
La semaine des 4 jeudis,
Mon ambition, changez le Monde
Redécouvrir qu’la Terre est ronde,
Que l’cœur humain, soyons certains,
A fait l’bon dieu et tous ses saints.

 

Pascale S.
© Arthur’R éditions – 2002

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